Frédéric Pauwels est un photographe belge né en 1974.

Biographie

L'hiver 44

Le 10 septembre 1944, Bastogne connaît sa première libération. Une joie de courte durée pour les habitants qui font ensuite face au retour de l’armée allemande et à la bataille des Ardennes, l’une des plus meurtrières de la seconde guerre mondiale.

« Les Allemands reviennent ! » Julia Renard sortait du cinéma avec son fiancé quand elle apprit la terrible nouvelle. A peine libérés depuis le mois de septembre 1944, les Ardennais replongent dans l’angoisse de la guerre.

En décembre 1944, les Alliés sont partout vainqueurs sur le front Ouest. Personne, ou presque, n’imagine un retour en force des anciens occupants. Et pourtant, dans l’aube brumeuse du 16 décembre, l’armée allemande attaquait par surprise en Ardenne. On parle de dernier coup de poker d’Hitler.

La bataille des Ardennes dura pendant deux mois. Le bilan des pertes humaines fut particulièrement lourd dans les deux camps : 40 000 soldats perdirent la vie dans des conditions hivernales extrêmes, il y eut aussi près de 82 000 blessés.

Les civils belges ne furent pas épargnés, victimes des exactions des nazis mais aussi des bombardements allemands voire, hélas, alliés qui ne les visaient pas directement dans le dernier cas. Sans oublier que tant pendant la bataille que durant de nombreux mois qui la suivirent, les populations locales vécurent dans des conditions difficiles, devenues des sans-abris et des réfugiées dans leur propre pays.

Dans l’histoire de la guerre, la bataille des Ardennes fut moins décisive que le débarquement de Normandie et la reconquête de la France et de la Belgique. Et pourtant, pour les Américains, ce fut la mère de toutes les batailles du conflit mondial car les troupes d’outre-Atlantique s’y engagèrent jusqu’au bout de leurs limites qui ont fait de Bastogne, le symbole de leur courage et la légende du GI.

Les derniers témoins encore vivants – encore enfants à l’époque – nous racontent leurs souvenirs de cette bataille…

Photos de Frédéric Pauwels - Textes de Frédéric Pauwels et de Marie-Noëlle Rasson