Frédéric Pauwels est un photographe belge né en 1974.

Biographie

Villages détruits de Verdun

Neuf villages meusiens situés en première ligne de l’offensive de février 1916 ont été entièrement détruits lors de la bataille de Verdun. Six d’entre eux n’ont jamais été reconstruits.

Avant le début de la Première guerre mondiale, le plateau de Verdun comptait plusieurs villages de plusieurs centaines d’habitants. Le paysage était alors constitué de 30% de bois et 70% de terrains agricoles.

Ces villages des Hauts de Meuse se sont retrouvés en première ligne dès 1914. Mais c'est après le déclenchement de la Bataille de Verdun, en février 1916 qu'ils ont dû être évacués. Selon le spécialiste de géographie historique Jean-Paul Amat, professeur émérite à l’université Paris-Sorbonne, « du 21 février au 23 juillet, pendant 5 mois, sur les quelques 175 km2 où piétina la bataille, les belligérants firent pleuvoir environ 40 millions d'obus à balle ou explosifs de tout calibre, soit une moyenne de 2250 obus par hectare-un obus pour moins de 5 mètres carrés. » Dès cette période, le paysage du champ de bataille est devenu lunaire.

Anéantis par la guerre, nombre de villages du verdunois ne virent jamais revenir leurs habitants après l'Armistice. Neuf d'entre eux sont intégrés dans la Zone rouge, 120.000 hectares de terres devenus impropres à la culture que l'Etat français décide de racheter à leurs propriétaires en 1919, estimant que le coût de la remise en état de ces terrains bouleversés et pollués par les munitions (dont un bon nombre, non explosées), serait supérieur à leur valeur.

De ces villages jamais reconstruits, il ne reste aujourd'hui que des ruines, désormais entourées de forêts. Six communes inhabitées ayant été déclarées « mortes pour la France »ont tout de même un maire et un conseil municipal : Beaumont-en-Verdunois, Bezonvaux, Cumières-le-Mort-Homme, Fleury-devant-Douaumont, Haumont-près-Samogneux, Louvemont-Côte-du-Poivre. Ces maires, non-élus mais nommés par le préfet de la Meuse, ont pour fonction principale de veiller à l’entretien de leur village fantôme, devenus des lieux de pèlerinage et de recueillement. Ils s'occupent aussi de l'organisation des cérémonies de commémorations, et accueillent régulièrement les descendants des combattants tombés sur place.

Un reportage de Frédéric Pauwels et Isabelle Masson Loodts du Collectif HUMA