Né en Belgique en 1970, Olivier Papegnies devient photojournaliste en 1997.

Biographie

Les enfants du Tshata

Les enfants sont livrés à eux-mêmes dans une rue qui les regarde d’un mauvais œil.

A Cotonou, capitale économique du Bénin, de nombreux enfants, de 5 à 15 ans vivent dand le marché de Dantokpa. Dans ce dédale rempli d’échoppes, les enfants déambulent à la recherche de quelques centaines de francs CFA. Des heures durant, ils pratiquent meboto, qui consiste à trier le gingembre, oignons, tomates… Tshata est leur deuxième principale activité, ces jeunes hommes ramassent la ferrailles. Ils vagabondent sur des énormes décharges à ciel à la recherche d’une boite de conserve, des fil électrique ou des bouteilles en plastique.

Les enfants sont livrés à eux-mêmes dans une rue qui les regarde d’un mauvais œil. Les Cotonois sont méfiants, les enfants des rues sont souvent considérés comme peu fiables, voleurs et arnaqueurs. Pour beaucoup, ils ont fui leur quotidien. Accusés de sorcellerie, maltraités, abandonnés, orphelins, ils ont quitté leurs villages pour Cotonou. Le faible niveau de scolarisation des parents, l’exode rural, la tradition et le faible coût de la main d’œuvre infantile ne les aide pas à s’en sortir. Selon les acteurs de terrain « Les enfants vivent dans des conditions déplorables et sont victimes des formes contemporaines d’esclavages qui s’observent au quotidien par des cas de violations massives des droits de l’enfant (…), la maltraitance dont le châtiment corporel, la traite et l’exploitation y compris les abus sexuels. » L’association « Terre Rouge » propose un hébergement de nuit avec le petit déjeuner afin qu’ils prennent conscience de leur condition et essaient de s’en sortir.

Malgré des lois existantes pour la protection des mineurs, le phénomène ne fait qu’augmenter. La pauvreté est le fléau des enfants des rues. Mais malheureusement, les dispositions de ces outils juridiques ne sont pas appliquées sur le terrain, surtout dans les marchés où travaille la majorité de ces enfants. Pire, des agents du marché en arrivent même à collecter des taxes sur des activités gérées par des mineurs, faute de connaissance des lois.

Lucie Appart